ISMAC - Fikri BENABDALLAH - Rabat
Écrit par Mohamed Achraf Sehnouni05
Avr
2012

Institut Supérieur des Métiers de l'Audiovisuel et du Cinéma par l'agence d'architecture Fikri BENABDALLAH
C’est une nouvelle Ecole dédiée aux métiers du cinéma, de la photographie et du son que l’agence d’architecture Fikri BENABDALLAH réalise actuellement dans la cité universitaire Al Irfane à Rabat. Cette nouvelle opération est stratégique car elle permet de densifier et renforcer cette centralité existante. Le projet entend préserver le site et s’inscrire dans la composition des bâtiments existants, notamment de l’ISIC, très bel édifice moderne construit par les Architectes Tastemain et Castelneau.Le projet est une masse sculpturale qui émerge du sol. Le parvis glisse sous un vide d’ombre et une large fente qui fabrique l’entrée principale. Le long du parcours intérieur des faisceaux de lumière zénithale viennent ponctuer le cheminement du visiteur. Nous pénétrons dans l’ISMAC dans un espace clos et virtuel entièrement dédié à la création. C’est un lieu intérieur, minéral et détaché de la nature, du monde extérieur. Le projet est un volume monolithique posé sur un sol en creux, un bloc sombre le jour qui devient lanterne la nuit.
Enfin, et afin de mettre en valeur ce bâtiment, l’architecte a aménagé un mail planté, un généreux espace public de partage et de communication. Il débouche sur une place au niveau de l’entrée du bâtiment, puis rejoins un théâtre de verdure. Au cœur de la parcelle se trouve un jardin diffus et continu qui fédère l’ensemble du site et unifie les projets structurants.
Lieu Rabat
Maîtrise d'ouvrage Ministère de la communication
Architectes Agence d'architecture Fikri BENABDALLAH
Surface 5400 m²
Livraison 2012
Vu: 6105
Commentaires (9)

Par samou, avril 05, 2012
...de plus l'attention au contexte est si soignée que les perspectives le montrent systématiquement...même le bâtiment des Tastemain a été éludé...
...
Par Younes Diouri, avril 05, 2012
Par Younes Diouri, avril 05, 2012
C'est à la fois de mauvaise foi et contradictoire ce que tu avance.
Le bâtiment de Tastemain apparait dans tous les documents, depuis le schéma de principe, jusqu'à la moindre perspective, coupe, plan, et témoigne d'un réel soucis du contexte. L'opacité apparente du bâtiment est une prise de position. Qui plus est pour un édifice dédié au cinéma (opaque forcement de par le nombre de salles de projection) . La teneur du projet a visiblement été réduite en enterrant des entités massives pour ne mettre en avant que certaines émergences subtiles et linéaires dans le paysage urbain. Ce que je trouve tout à fait propice et sage face à une collection de bâtiments institutionnels.
Les espaces intérieurs sont loin d'être totalement introvertis. Certaines failles et ouvertures judicieuses, font l'objet d'une rare finesse. La coupe est riche en spatialité. Parfois en tension, parfois écrasée, parfois lumineuse, en fonction du programme injecté. Le système de circulation est assez efficace pour relier l'ensemble.
Pour ma part, j'ai hâte de voir le résultat.
Le bâtiment de Tastemain apparait dans tous les documents, depuis le schéma de principe, jusqu'à la moindre perspective, coupe, plan, et témoigne d'un réel soucis du contexte. L'opacité apparente du bâtiment est une prise de position. Qui plus est pour un édifice dédié au cinéma (opaque forcement de par le nombre de salles de projection) . La teneur du projet a visiblement été réduite en enterrant des entités massives pour ne mettre en avant que certaines émergences subtiles et linéaires dans le paysage urbain. Ce que je trouve tout à fait propice et sage face à une collection de bâtiments institutionnels.
Les espaces intérieurs sont loin d'être totalement introvertis. Certaines failles et ouvertures judicieuses, font l'objet d'une rare finesse. La coupe est riche en spatialité. Parfois en tension, parfois écrasée, parfois lumineuse, en fonction du programme injecté. Le système de circulation est assez efficace pour relier l'ensemble.
Pour ma part, j'ai hâte de voir le résultat.
Par samou, avril 07, 2012
On ne voit à priori pas la même chose, parce qu'avec plus d'effort, je ne vois pas le bâtiment des Tastemain sur le moindre document...je le vois juste un peu déformé sur la photo 9
Mais qu'importe, le sujet n'est pas vraiment la, je me demandais simplement pourquoi les images présentées reflétaient si peu le lieu. Pour connaître un peu l'endroit j'ai le sentiment que les images pourraient être un peu nulle part, elles semblent très détachées finalement, alors que l'environnement a une identité particulière, que je ne ressens pas personnellement. Je le ressens d'autant plus fort quand je regarde la première image vue d'ensemble.
D'autre part, je me demande, car ce n'est expliqué ni sur le commentaire, ni sur les documents la relation du bâtiment avec l'existant et notamment celui des Tastemain devant. La disposition des deux a un sens particulier, l'un s'élève comme un Palais bordant la voie principale, quand l'autre s'enterre partiellement derrière. J'ai du mal à saisir le lien entre ses éléments, ou disons la stratégie du projet par rapport à cette donnée.
Dernier point. On peut faire d'un bâtiment à vocation culturel un bâtiment ouvert sur son environnement, même quand il contient des espaces clos, là en l'occurrence des salles de projection. Tous les espaces intermédiaires, qui sont les espaces les plus libres du programme n'ont pas l'obligation d'être opaques. Il ne s'agit ni d'un théâtre ni d'une salle de spectacle, mais d'un bâtiment d'enseignement...Quand je vois l'image n°6, de nuit, cela me fait penser à un bar chic, ou une discothèque.
Pour finir, je dirais que la critique n'a pas de foi.
Mais qu'importe, le sujet n'est pas vraiment la, je me demandais simplement pourquoi les images présentées reflétaient si peu le lieu. Pour connaître un peu l'endroit j'ai le sentiment que les images pourraient être un peu nulle part, elles semblent très détachées finalement, alors que l'environnement a une identité particulière, que je ne ressens pas personnellement. Je le ressens d'autant plus fort quand je regarde la première image vue d'ensemble.
D'autre part, je me demande, car ce n'est expliqué ni sur le commentaire, ni sur les documents la relation du bâtiment avec l'existant et notamment celui des Tastemain devant. La disposition des deux a un sens particulier, l'un s'élève comme un Palais bordant la voie principale, quand l'autre s'enterre partiellement derrière. J'ai du mal à saisir le lien entre ses éléments, ou disons la stratégie du projet par rapport à cette donnée.
Dernier point. On peut faire d'un bâtiment à vocation culturel un bâtiment ouvert sur son environnement, même quand il contient des espaces clos, là en l'occurrence des salles de projection. Tous les espaces intermédiaires, qui sont les espaces les plus libres du programme n'ont pas l'obligation d'être opaques. Il ne s'agit ni d'un théâtre ni d'une salle de spectacle, mais d'un bâtiment d'enseignement...Quand je vois l'image n°6, de nuit, cela me fait penser à un bar chic, ou une discothèque.
Pour finir, je dirais que la critique n'a pas de foi.
Par Akajni Ismail, avril 08, 2012
Un bâtiment "globalement" réussi vu ce qu'on nous pond à longueur d'année dans toutes les villes du Maroc ! Soyons lucides les amis, on pourra toujours critiquer une architecture, mais dans certains contextes (notamment celui du Maroc), il y a tellement de pénurie de qualité architecturale que je me demande si nous devrions pas toujours féliciter et encourager des initiatives pareilles avant de se jeter sur les "mauvais points"...je ne dis pas qu'il ne faut pas critiquer, je dis simplement encourageons "l'audace" avant de la flinguer...tous les architectes praticiens (je dis bien praticiens) sauront de quoi je parle, et je comprend tout à fait cette "rébellion" des jeunes pas encore dans le VIF du sujet
nous sommes tous passé par là mais la réalité est bien complexe croyez moi...!!! Donc encore une fois, je trouve ce bâtiment plutôt réussi, et vu les merdes qui pullulent autour, je renonce complètement à mes critiques qui pourtant sont bien là, car l'architecture est aussi une question de "vision" et de "goût"...
nous sommes tous passé par là mais la réalité est bien complexe croyez moi...!!! Donc encore une fois, je trouve ce bâtiment plutôt réussi, et vu les merdes qui pullulent autour, je renonce complètement à mes critiques qui pourtant sont bien là, car l'architecture est aussi une question de "vision" et de "goût"...
Par samou, avril 10, 2012
La critique est déjà une forme d'encouragement, elle est le moyen de faire mieux. Sans critique point de progrès!
Le contexte ou l'environnement culturel, aussi médiocre soit-il ne peut justifier l'absence de critique, et encore moins l'auto-satisfaction béante.
Je vois en la critique le moyen d'élever le débat, et l'un des moyens d'améliorer la production architecturale.
C'est en cela, malgré des positions parfois acerbes mais toujours argumentées et illustrées, que je respecte le site AMUSH (et les gens qui le font vivre bien sûr), et que je lui rends hommage, et c'est aussi pour cela que je le consulte et y émet mon avis.
La médiocrité ambiante ne peut nous empêcher, pas plus qu'elle n'a empêché BenEmbarek, Azagury,...à imposer des vues loin des goûts et penchants dominants, dans un contexte bien plus complexes que le notre. Cette médiocrité ambiante ne peut nous empêcher de tirer notre chapeau à quelques réalisations exemplaires publiées sur ce site, et si elles existent c'est qu'on peut le faire (la maison à Marrakech de KO Studio, ou encore le bâtiment du trio à Guelmim).
Enfin la médiocrité ambiante ne peut justifier les compromis vulgaires, ni le manque de vu de certains confrères (jeunes ou moins jeunes praticiens, ou même étudiants futurs praticiens, qui s'ils commencent par raisonner en terme de compromis finiront aigris je le crains...).
Le contexte ou l'environnement culturel, aussi médiocre soit-il ne peut justifier l'absence de critique, et encore moins l'auto-satisfaction béante.
Je vois en la critique le moyen d'élever le débat, et l'un des moyens d'améliorer la production architecturale.
C'est en cela, malgré des positions parfois acerbes mais toujours argumentées et illustrées, que je respecte le site AMUSH (et les gens qui le font vivre bien sûr), et que je lui rends hommage, et c'est aussi pour cela que je le consulte et y émet mon avis.
La médiocrité ambiante ne peut nous empêcher, pas plus qu'elle n'a empêché BenEmbarek, Azagury,...à imposer des vues loin des goûts et penchants dominants, dans un contexte bien plus complexes que le notre. Cette médiocrité ambiante ne peut nous empêcher de tirer notre chapeau à quelques réalisations exemplaires publiées sur ce site, et si elles existent c'est qu'on peut le faire (la maison à Marrakech de KO Studio, ou encore le bâtiment du trio à Guelmim).
Enfin la médiocrité ambiante ne peut justifier les compromis vulgaires, ni le manque de vu de certains confrères (jeunes ou moins jeunes praticiens, ou même étudiants futurs praticiens, qui s'ils commencent par raisonner en terme de compromis finiront aigris je le crains...).
Par samou, avril 16, 2012
C'est finalement assez triste de voir de quelle manière réagissent un certain nombre de confrère à la critique, elle apparaît comme une diffamation ou une sanction alors qu'elle est il me semble quelque chose de positif, qui doit faire avancer. "les architectes sont les as de la critique"...si seulement c'était vrai...
"rébellion", "mauvaise foi", "canular",...voilà les quelques réactions que je lis aux critiques, je lis même que s'il s'agissait d'un bâtiment construit à l'étranger la critique n'aurait pas été la même.
La vocation du présent site n'est-elle pas plutôt l'échange de vues, et d'expériences, l'ouverture, le débat? Avec l'espoir que cela puisse nourrir nos pratiques? Faudrait-il simplement et bêtement admirer tout bâtiment qui se différencie "des merdes qui pullulent autour"? Si c'est le niveau de référence que nous nous fixons, je nous trouve malheureusement bien bas.
Suffit-il de faire un bâtiment minimaliste pour que tout le monde trouve ça très beau, et que la critique soit tabou, simplement parce qu'autour des merdes pullulent ?
"rébellion", "mauvaise foi", "canular",...voilà les quelques réactions que je lis aux critiques, je lis même que s'il s'agissait d'un bâtiment construit à l'étranger la critique n'aurait pas été la même.
La vocation du présent site n'est-elle pas plutôt l'échange de vues, et d'expériences, l'ouverture, le débat? Avec l'espoir que cela puisse nourrir nos pratiques? Faudrait-il simplement et bêtement admirer tout bâtiment qui se différencie "des merdes qui pullulent autour"? Si c'est le niveau de référence que nous nous fixons, je nous trouve malheureusement bien bas.
Suffit-il de faire un bâtiment minimaliste pour que tout le monde trouve ça très beau, et que la critique soit tabou, simplement parce qu'autour des merdes pullulent ?
...
Par Omar Benali, avril 25, 2012
Par Omar Benali, avril 25, 2012
Pour ma part, je partage plus l'avis de notre ami M. Younes Diouri. En effet, et d'après les documents qu'on nous présente, j'ai la forte impression que la proposition de M. Benabdallah a le mérite d'offrir une certaine richesse au niveau des espaces intérieurs. l'apparent faible nombre des ouvertures ne me semble pas forcement représenter un réel handicap pour le projet. A l'inverse je saluerait cette prise de position formelle, surtout que la tendance dans notre époque est aux "fameux" murs rideaux, sensés exprimer la modernité dans l'esprit de beaucoup de gens. ces façades qui ne tiennent nullement compte du contexte local, et notamment le climat dominant avec un fort ensoleillement.
Toutefois, on a le droit de se poser des questions logiques par rapport à son réel intégration à côté des "monstres" qui l'entoure (ISIC,...). en même temps, je comprend la position de "samou" concernant l'ambiance intérieure ainsi que la vue nocturne
mais il faut dire que c'est juste une manière de représenté le projet, laquelle se retrouve amplifiée par le style des images de synthèse qui sont présentées. Et à ce sujet, on ne retrouvera jamais d'accord deux professionnels sur la pertinence de ces représentations, d'ailleurs, moi personnellement ils ne me déplaisent pas
Donc, pour résumer! bien que ça ne soit pas un chef-d'oeuvre de l'architecture dans le monde. J'ai un avis plutôt favorable au projet, avec une mention très spéciale à l'espace intérieur ainsi que l'entrée en fente...
Toutefois, on a le droit de se poser des questions logiques par rapport à son réel intégration à côté des "monstres" qui l'entoure (ISIC,...). en même temps, je comprend la position de "samou" concernant l'ambiance intérieure ainsi que la vue nocturne
mais il faut dire que c'est juste une manière de représenté le projet, laquelle se retrouve amplifiée par le style des images de synthèse qui sont présentées. Et à ce sujet, on ne retrouvera jamais d'accord deux professionnels sur la pertinence de ces représentations, d'ailleurs, moi personnellement ils ne me déplaisent pas
Donc, pour résumer! bien que ça ne soit pas un chef-d'oeuvre de l'architecture dans le monde. J'ai un avis plutôt favorable au projet, avec une mention très spéciale à l'espace intérieur ainsi que l'entrée en fente...
...
Par Younes Diouri, avril 27, 2012
Par Younes Diouri, avril 27, 2012
Cher samou, il n'y aucun mal à exprimer son avis. Bien au contraire.
On s'en réjouis tous ici, je crois.
Pour seul preuve qu'il ne s'agit en aucun cas d' "autosatisfaction béante" c'est que chacun des articles ici est livré à vos critiques.
Les textes sont strictement descriptifs et ne portent volontairement aucun jugement subjectif ou suggestif. Il ne s'agit pas de forcer l'admiration, il s'agit de constater une certaine production globale en terme d'architecture au Maroc.
Il est vrai qu'ensuite, dans mes commentaires, je préfère insister sur ce qui me paraît bon, plutôt que de taper sur ce qui l'est moins.
Après tout l'architecture, c'est pas si grave.
On s'en réjouis tous ici, je crois.
Pour seul preuve qu'il ne s'agit en aucun cas d' "autosatisfaction béante" c'est que chacun des articles ici est livré à vos critiques.
Les textes sont strictement descriptifs et ne portent volontairement aucun jugement subjectif ou suggestif. Il ne s'agit pas de forcer l'admiration, il s'agit de constater une certaine production globale en terme d'architecture au Maroc.
Il est vrai qu'ensuite, dans mes commentaires, je préfère insister sur ce qui me paraît bon, plutôt que de taper sur ce qui l'est moins.
Après tout l'architecture, c'est pas si grave.
Ecrivez un commentaire




Et ce n'est pas la ... »











Je m'interroge fortement sur le caractère totalement opaque d'un tel programme, qui à la différence d'un musée ou même d'une boîte de nuit (photo 6) devrait s'ouvrir sur la ville, d'autant que le contexte est assez favorable, et la proximité de l'exemplaire institut du journalisme devrait susciter plus d'effort.
Les perspectives intérieures, un peu brumeuses (l'ambiance a l'air d'être à la fumette...) traduisent jusqu'au bout cet effort un peu curieux à enfermer le bâtiment jusqu'à enterrer une partie du programme.